URGENCES

 

Pour soigner une plaie, soulager une brûlure et bien d'autres maux… de nombreuses personnes n'hésitent pas à se tourner vers les astuces de grand-mère et les remèdes naturels. Pourtant, certains remèdes de grand-mère peuvent se révéler très dangereux. 

 

Poivre

Pour soigner une plaie, une des choses à ne pas faire est de mettre du poivre sur la plaie. Le poivre est censé arrêter l'hémorragie et aider à la cicatrisation, mais mettre du poivre sur une plaie est catastrophique avec un risque de surinfection. Au mieux, le poivre ne sert à rien et au pire, il aggrave la situation.

 

Que faire devant une plaie qui saigne ?

Pour une plaie qui saigne abondamment (ou hémorragie), imbibe de sang un mouchoir de toile ou de papier en quelques secondes et ne s'arrête pas spontanément, le poivre ne servira à rien. L'objectif est d'arrêter le saignement et d'en limiter les conséquences.

Il faut donc arrêter l'hémorragie immédiatement en comprimant directement l'endroit qui saigne - quel que soit le lieu de la plaie, main protégée, si possible avec des gants, un sac plastique ou à défaut une épaisseur de tissu propre (en interposant un linge plié par exemple). Appuyez directement sur l'endroit qui saigne avec les doigts ou la paume de la main. Le sauveteur peut se faire aider par un témoin ou la victime pour réaliser cette compression. Cette technique facile et rapide suffit pour arrêter le saignement en comprimant les vaisseaux qui saignent.

Si on doit ensuite se libérer (pas de téléphone sur soi pour donner l'alerte), la compression manuelle doit être remplacée par un tampon de tissu ou de papier (mouchoir plié par exemple), maintenu en place par un lien large. Ce tampon relais avec un tissu propre doit être mis en place rapidement et recouvrir toute la plaie qui saigne. Appliquez ensuite un lien large en faisant au moins deux tours. Le lien doit être suffisamment serré pour garder une pression suffisante sur l'endroit qui saigne et éviter que le saignement reprenne.

Que faire en cas de plaie non hémorragique ?

S'il s'agit d'une petite coupure superficielle ou éraflure saignant peu et non située à proximité d'un orifice naturel ou de l'oeil, il faut :

1 - Se laver les mains avec de l'eau et du savon.
2 - Nettoyer la plaie : eau et savon ou compresses stériles et antiseptiques (non colorées pour surveiller l'évolution).
3 - Protéger par un pansement adhésif, si besoin.
4 - Demander à la victime si elle est vaccinée contre le tétanos et depuis quand. Si la vaccination n'est pas récente (plus de 20 ans), lui conseiller de consulter un médecin.
5 - Consulter sans tarder un médecin si la plaie devient rouge, chaude, gonflée ou douloureuse.


Beurre

Une autre astuce inefficace et dangereuse est de mettre du beurre sur une brûlure. Même si l'idée de nos grand-mères était bonne (remplacer la couche de lipides brûlée par d'autres lipides ou corps gras), le problème reste le risque de surinfection. Il faut donc oublier le dentifrice, la pomme de terre ou le beurre.


En cas de brûlure, il faut :

1 - Supprimer la cause ou soustraire la victime à la cause. Si ses vêtements sont enflammés, empêcher la victime de courir, la rouler ou la faire se rouler par terre et étouffer les flammes avec un vêtement ou une couverture.

2 - Refroidir le plus tôt possible la surface brûlée. Refroidir les brûlures venant de se produire avec de l'eau, par exemple de l'eau froide du robinet en laissant couler l'eau sans pression sur la brûlure jusqu'à l'obtention d'un avis médical.

3 - Retirer les vêtements sans ôter ceux qui adhèrent à la peau.

Si la brûlure est grave, alertez les secours après arrosage, allongez la victime sur la région non brûlée (de préférence sur un drap propre), et surveillez l'évolution.

Si la brûlure est simple (peu étendue, peu profonde), protégez la brûlure, ne percez pas la cloque et protégez-la par un pansement stérile. Surveillez comme une plaie simple et demandez à la victime si elle est vaccinée contre le tétanos.


Saignement

Ne penchez pas la tête en arrière en cas de saignement de nez car vous ne verrez pas si ça saigne encore ou pas. Et ensuite, vous risquez, en cas de saignement important, la fausse-route qui peut avoir des conséquences redoutables : le sang passe dans les poumons au lieu d'être dégluti.

Les bons gestes à adopter sont simples : il faut se mettre au calme (pour diminuer la tension artérielle ou éviter de l'augmenter), d'ailleurs, un bon réflexe est également de prendre sa tension artérielle car si elle est élevée, il  faudra la faire baisser pour espérer arrêter le saignement ;       s'asseoir (ou position demie-assise) tête fléchie vers l'avant ; se moucher (pour éliminer un caillot qui entretient le saignement par des phénomènes de consommation locale des facteurs de coagulation) ; comprimer en se pinçant le nez pendant au mois dix minutes (temps de saignement).

En respectant ces règles simples, on peut stopper la plupart des épistaxis modérées et antérieures. On peut aussi utiliser des tampons hémostatiques qui produisent une réaction pharmacologique. Les ions calcium favorisent l'hémostase ou arrêt du saignement. Ces tampons sont vendus en pharmacie. Il suffit de tordre le tampon, de le plier et de le mettre dans la narine en place pendant 30 minutes. Si cela ne suffit pas, ou en cas de facteurs de risque que nous venons de voir (traitement anticoagulant, maladie hémorragique, poussée hypertensive) ou de mauvaise tolérance  (pâleur, tachycardie, faiblesse), il faut appeler le SAMU Centre 15 ou consulter en urgence.


Produits chimiques Ne faites pas vomir en cas d'ingestion de produit chimique.


Certains produits peuvent causer des brûlures internes gravissimes. Il ne faut pas faire vomir, ne pas donner à boire sans avis médical (pas de lait notamment), garder l'emballage du produit chimique en cause et le produit restant et appeler le Samu Centre 15.

"Dans tous les cas, un avis médical est indispensable car certains produits ne sont pas immédiatement douloureux mais causent des dégâts internes irréversibles."


Miel de manouka


Un bon conseil de grand-mère en revanche est l'application de miel sur les plaies. De plus en plus d'expériences montrent les vertus du miel (pharmaceutique ou alimentaire) sur la cicatrisation. Un remède ancestral, bon marché et qui peut fonctionner !